Conférence de Roland Patin sur les « SCENES DE L’APOCALYPSE SUR LES CHAPITEAUX ROMANS DE L’EGLISE DE COLOMBIER (ALLIER) » Lien vers texte intégral de la conférence

Description du site

Dans ce petit village paisible, situé en plein cœur du bocage bourbonnais, la taille et la prestance de son église, classée Monument historique et placée au cœur de sa place peut surprendre le voyageur. C’est oublier un peu vite que ce lieu a accueilli des milliers de pèlerins venus honorer saint Patrocle, et ce depuis le VIe siècle. L’église de Colombier prend ses racines dans le Haut-Moyen-Age et n’a cessé depuis de se métamorphoser. Si les documents sont relativement rares, on peut tout de même reconstituer les différentes étapes de l’édification de ce bâtiment.
L’église primitive a certainement du subir des dommages durant la période des invasions et l’on en retrouve trace en 924, date à laquelle elle est donnée au prieuré d’Autun, avant de devenir dans les années mille un repaire de brigands rançonnant les voyageurs.
Passée aux mains des moines de Souvigny, elle connaît une seconde jeunesse à la fin du XIe siècle. Celle qui n’était plus que quelques pans de murailles renaît de ses cendres, grâce au travail fourni par les moines de Cluny, soucieux de retrouver les restes de saint Patrocle. Le 9 octobre 1076, l’église est inaugurée en grande pompe, en présence d’une foule considérable.
D’autres transformations sont effectuées au XIIe et XIIIe siècles.
En 1951, une dalle de ciment est coulée sur le toit et des tuiles neuves recouvrent l’édifice.
Surplombant l’ensemble architectural, le très beau clocher est du XIIe siècle. Il possède deux étages sur ses quatre faces. Les fenêtres du premier étage ont été obstruées lors de travaux de consolidation. Ce clocher a fait l’objet d’une restauration en 1914 et 1941, puis a été refait sur le modèle de l’ancien, en bois recouvert de bardeaux, en 1980.
Les murs latéraux sont ornés d’un cordon de billettes contournant les cintres des fenêtres.
Quant au portail (2m10 de large et 4m de haut), il s’inscrit dans la tradition des portails polylobés en Bourbonnais. Il comporte une archivolte en arc brisé (face verticale moulurée d’un arc), comme c’est le cas de sept autres portails de la région (Cosne, Deneuille, Blomard, Beauchassin, Reugny, Charroux, Aigueperse) et l’on compte sept lobes, comme dans l’ancienne église Saint-Nicolas de Montluçon, Cosne, Bizeneuille, Malicorne, Rocles et Saint-Hilaire-la-Croix. Ceux-ci sont en tiers-point ou en arc brisé.
Entre ces lobes, on remarque des écoinçons décorés de rosaces. Sur les chapiteaux qui surmontent les colonnettes des ébrasements, on note la présence de masques humains assez frustes, portant leur regard droit devant eux.
L’intérieur de l’église est quant à lui visiblement marqué par le temps. Orienté à l’est, et de grande dimension (40m20 de longueur et 17m20 de largeur), cet édifice a été agrandi à plusieurs reprises pour accueillir le flux de pèlerins, qui, souvent, couchaient au sein même du bâtiment en attendant l’office du lendemain.
En forme de croix latine, elle comporte trois nefs et cinq travées, plus la croisée du transept. Dix piliers soutiennent la voûte et les travées. Parmi eux, trois sont cylindriques et très anciens, peut-être antérieurs au Xe siècle. Les autres, établis sur un plan cruciforme semblent être du XIIe et XIIIe siècles. Ils sont surmontés des chapiteaux décorés d’anneaux, d’animaux, de rinceaux ou de personnages grossièrement sculptés.
Deux chapelles latérales sont dédiées à la Vierge et à saint Joseph.
Les vitraux du maître-autel datent de 1894 et représentent saint Patrocle et saint Pierre. Les autres vitraux sont une donation d’habitants de Colombier ou de souscription et furent installés en 1931.

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